Vendeuse des sucettes hier, promotrice d’un centre de santé aujourd’hui

Parlez-nous de votre étonnant parcours

Tout a commencé en 2000 lorsque j’entends par le biais de mon église, parler d’une structure qui aide les femmes qui se débrouillent. Avec trois sœurs en Christ, nous allons aux nouvelles et adhérons en avril parce que séduites par les services offertes. Dès le mois de mai, j’ai obtenu mon premier crédit de 50 000 Fcfa par le biais d’un groupe solidaire, pour renforcer mon activité de fabrication et vente des sucettes (kossam).

Après quelques crédits de ce type, j’ai commencé à voler de mes propres ailes en 2001, avec un crédit de 200 000 Fcfa qui m’a permis de constituer le dossier du concours des techniciens d’analyses médicales, organisé par l’Hygiène Mobile de Yaoundé et payer ma scolarité. Le remboursement de ce crédit avait été difficile, car j’exerçais mon activité à temps partiel. Après deux ans de formation et mon diplôme en poche, j’ai effectué un stage de formation pratique dans un centre de santé sous l’encadrement d’un médecin qui m’avait aussi formé en soins infirmiers.

J’ai sollicité un autre crédit de 400 000 Fcfa (le 5ème) pour acheter le matériel élémentaire de laboratoire afin de travailler en collaboration avec le laboratoire dudit centre jusqu’en 2008. Mon 6ème crédit qui était de 1 000 000 Fcfa, m’a permis de m’installer à mon propre compte. J’ai ouvert le Centre de Santé Saint Shalom (dans les bas-fonds d’Eyené à Ekounou, près de l’UCAC) qui emploie aujourd’hui six infirmières (dont deux ont déjà adhéré à la MUFFA), un technicien de laboratoire et deux stagiaires. Mon dernier crédit de 2 000 000 Fcfa qui finit en novembre, a servi à agrandir mon Centre qui jouit d’une excellente réputation dans le quartier avec une centaine d’enfants nés.

Qu’est-ce que ces soutiens de la MUFFA ont changé dans votre famille ?

Le 1er changement est mon ascension sociale : on me respecte beaucoup dans le quartier et m’appelle « Docta ». J’ai envoyé trois enfants à l’ENS (malgré le décès de l’un d’eux) ; J’ai construit deux studios et suis en chantier, au niveau de la dalle. J’ai relevé l’équilibre financier de notre ménage : que « Papa » Evina soit là ou pas, le problème d’argent ne se pose plus. Ma contribution à la dîme dans ma paroisse est plus importante. En 2010, j’ai intégré la Fonction Publique et exerce au centre de santé intégrée d’Odza.

Quel est votre prochain défi ?

Mon prochain défi est celui de la modernisation de mon Centre, notamment le laboratoire qui a besoin des équipements plus modernes pour pouvoir suivre l’évolution de la médecine. Je compte déjà solliciter un crédit de 3 000 000 Fcfa, pour renforcer mon stock de médicaments et augmenter ma capacité d’accueil en lits d’hospitalisation et lits d’accouchement.

Un dernier mot

Mon parcours doit édifier les femmes qui hésitent encore, car la MUFFA révolutionne la vie de ses membres sérieuses. Elle m’a donné des ailes pour voler très haut. La grâce de Dieu et ma fidélité sont pour beaucoup dans mon chéminement. Il me reste à suivre la formation de PlaNet Finance pour améliorer la gestion de mon centre dans la perspective d’une retraite anticipée.



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